Hommage à Emilienne Mopty : la marche contre le fascisme et l’austérité du 3 juin 2012

De notre envoyé spécial dans le Pas-de-Calais, Thomas

Quand l’ami Thomas m’a dit « on y va, on va faire la marche dans l’Pas-de-Calais », et bien je lui ai répondu que je devais accompagner Pantagrueline à la piscine que c’était à grand regret que je ne pouvais me joindre à cette chouette initiative, et que si il rentrait de là-bas sans un billet pour mon blog, et ben fini le couscous chez moi, pfuit, il pouvait toujours se brosser. C’était un peu ma façon à moi de le jeter traitreusement dans la fosse aux lions qu’est la blogosphère de lui mettre le pied à l’étrier pour qu’il gratte un peu. Bref. On a mandaté Thomas, et il est revenu avec ça. Du coup, c’est malin, je lui dois un couscous.

L’idée est simple : on profite du week-end pour aller voir la famille à Lens et comme Montigny-en-Gohelle est tout proche, on participe à la marche organisée ce dimanche par le Front de Gauche en hommage à Emilienne Mopty.

Et puis ça équilibre : la dernière fois, c’étaient eux qui s’étaient déplacés pour une prise de la Bastille qui restera dans les mémoires .

On arrive donc comme des fleurs le samedi midi avec le fraisier (on ne se refuse rien) et le pain acheté en face, juste à l’heure pour regarder la fin du débat, un poil cacophonique, organisé par France 3 : le studio télé résonne et les candidats sont sur les dents.

Marine Tondelier, la candidate EELV, est incisive quand elle arrive à en placer une. Elle déplore la furie médiatique déclenchée par l’affrontement FN/FdG. Kemel explique qu’il sera un bon petit soldat (syn. “godillot” NdR) du PS. Urbaniak, sans étiquette mais quand même Modem et quand même UMP, tente deux vannes trop préparées pour être drôles : un “candidat du poussif” lancé à Kemel et un “carré de l’hypothénuse parlementaire” qui sonne fort comme un “point de salut hors du bipartisme : laissez les gens sérieux travailler”.

Le Pen agite ses papiers en tous sens, qui tiennent lieu de pièces à conviction accablantes contre Mélenchon. Ce dernier reste calme et rappelle qu’en somme la question qui est posée aux électeurs est simple : “qui des immigrés ou des banquiers est responsable de la crise ?”

Le lendemain matin, il pleut et les rues du centre ville sont désertes. Je me demande si nous serons nombreux. L’après-midi, à l’heure d’y aller, le ciel est gris mais la pluie a cessé.

Nous partons pour la marche. Nous tournons un peu dans Montigny-en-Gohelle et croisons des militants qui se préparent eux aussi à rejoindre le cortège qui s’agrège dans la bien nommée rue de la Libération.

Et nous sommes nombreux !

Le cortège se met en route après que Jean-Luc Mélenchon, entouré d’une nuée de caméras, a déposé une gerbe de fleur devant le monument aux morts.

La bonne humeur règne. Certains portent des chapeaux mexicains et sonnent aux portes des petites maisons de briques rouges qui bordent la route et distribuent des cerises. On salue les gens qui nous regardent par la fenêtre.

D’autres s’arrêtent pour discuter un peu plus longuement.

Dans la foule des marcheurs, nous reconnaissons les Pinçon-Charlot, Monique et Michel . Nous marchons aussi un moment aux côtés de Hervé Poly .

La banderole “L’humain d’abord !” s’arrête volontiers pour se laisser immortaliser.

Quand nous arrivons à Billy-Montigny, la scène résonne de musique, le temps que le meeting commence. Le premier à parler est Bruno Troni , le maire de la commune. Il rappelle que le grand bâtiment qui jouxte la scène représentait hier la toute puissance du patronat des Houillères, et que 1500 femmes de mineurs, il y a 71 ans de cela, sont venues ici soutenir les mineurs en grève contre la brutalité de l’occupant allemand.

La petite nièce qui a marché, chanté et crié avec nous “Résistance” commence à fatiguer alors nous quittons le meeting.
Nous regarderons l’intervention de Jean-Luc Mélenchon en ligne, une fois rentrés.

Et puis c’est l’heure de rentrer pour de bon dans nos pénates. Nous sommes contents d’avoir vu la famille, d’avoir marché et pris part. On ne vote pas ici mais le combat est partout le même. Au revoir Lens, à bientôt.

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2 réflexions au sujet de « Hommage à Emilienne Mopty : la marche contre le fascisme et l’austérité du 3 juin 2012 »

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