La rose est bien fanée… au boulot!

Il est des roses qui fanent d’autant plus vite qu’on s’est battu pour les obtenir. Je gardais en espoir ténu, comme beaucoup d’électeurs, que le PS appliquerait quelques mesures sociales fortes avant de revenir à ses amours strictement libérales. Las, le compte n’y est pas, et aucune des formations du front de gauche n’en a été dupe.
Il faut dire que l’axe Hollande-Moscovici-Valls, ce n’est pas vraiment la révolution socialiste. Tout au plus nous propose-t-on le détricotage partiel des mesures les plus gerbantes du gouvernement précédent. Fin du bouclier fiscal ? Mais j’espère bien, mes amis. Plus d’enfants dans les centres de rétention administrative ? Mais encore heureux, camarades. Faut-il sabrer le champagne pour ce qui n’est qu’un dû ? On n’a quand même pas voté pour la droite, que je sache. Ces légitimes et fort partielles remises à plat relèvent de la question de conscience républicaine la plus élémentaire, et j’aurais préféré que nos dirigeants évacuent dans la discrétion ces petites et grandes hontes pour notre pays, plutôt que de se vanter d’avoir simplement rétabli un peu d’hygiène républicaine.

Pour le reste, comme on dirait dans mon village si j’en venais, « note toi les réformes de gauche sur un glaçon, j’te payerai en Août ». La pichenette au SMIC est une plaisanterie de très mauvais goût ; la ponction supplémentaire envisagée sur la CSG payée par tous au profit des cotisations patronales est un transfert d’argent vers le patronat (Le MEDEF et la CFDT sont d’ailleurs favorables à cette proposition). C’est pas demain la veille que le PS inversera le rapport de force capital/travail.
S’il n’y avait que cela, on serait simplement dans la médiocrité et l’hypocrisie d’un social libéralisme qui se dit socialisme. La jolie berceuse habituelle pour consolider la résignation des classes laborieuses tout en rassurant la Phynance. Mais depuis les législatives, un changement politique qualitatif ajoute à mes nausées des saignements de nez. Oh, pas grand-chose, quelques mots de quelques socialistes, un soir de second tour… Sous les sunlights des plateaux télés, tout à la célébration de leur victoire hégémonique aux législatives, des cadres socialistes ont glissé dans leurs interviews des éléments de langage SALUANT LA VICTOIRE DE LA DROITE SUR SYRIZA. Texto. Sans faire semblant de pleurer.
Ce n’est pas grand-chose, tu me diras, le terrain était préparé, quand le PS soutenait Papandréou qui gouvernait si bien avec la droite … et l’extrême-droite. Mais ces toutes petites phrases de soutien à la droite, moi, je ne suis pas près de les oublier. Elles sont pour moi l’officialisation du fait que le PS assume complètement sa mue droitière.
Et qu’il faut donc avoir vis-à-vis de cette formation une autonomie conquérante plutôt qu’un lien de vassalité façon EELV.


Les communistes ne s’y sont pas trompés, qui ont massivement refusé de rentrer au gouvernement et de servir de caution de gauche au grand dépeçage qui se prépare. Au contraire, ils ont souhaité continuer l’aventure avec leurs partenaires du Front de Gauche, Front de Gauche qui se consolide et allie les tendances et partis de la gauche de gauche autour d’un programme partagé, comme en témoigne le ralliement dimanche dernier des camarades NPA de la Gauche Anticapitaliste.
La crise du capitalisme demande des réponses empruntes de radicalité concrète. Elle demande une offre politique qui se fasse le relais des luttes sociales. Elle exige un front large, conquérant et autonome, qui ancre dans la politique notre force croissante, qui dépasse encore les honorables scores des dernières élections, qui fasse flèche de tous bois pour devenir l’outil de reconquête du pouvoir au service de l’humain d’abord. La prise de conscience n’a fait que commencer. Au boulot !

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3 réflexions au sujet de « La rose est bien fanée… au boulot! »

    1. dareljedid Auteur de l’article

      Merci à toi, ça fait chaud au cœur.
      En fait, c’est un condensé de mon ressenti de ces dernières semaines. Le malaise est palpable, même, et même surtout, chez certains militants PS. En témoigne les appels à plus de partage des richesse par des socialistes comme Gérard Filloche ( c’était dans Mediapart). J’aimerais croire qu’il peuvent changer les choses de l’intérieur, mais hélas j’ai bien peur qu’ils ne servent que de cautions de gauche.
      Tu sais, ce que je dis sur les déclarations PS sur Syriza… C’est la stricte vérité, ça m’a vraiment choqué. Le PS est un concurrent, d’accord, mais là, ils ont été vraiment loin.
      Bises, mon camar-poto. On se fera une terrasse à l’occase cet été. Et merci encore pour ton commentaire!

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  1. Ping : Ma fête de l’Huma, notre fête de l’Humain « Le Cri du Peuple

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