A mon Grand-Père, Socialiste.

Mon Grand-père était un homme juste, un homme de gauche. Pas un communiste, hein, attention. Mais un socialiste républicain, qui avait fait la campagne de Mitterand en 81. Il avait sa carte au parti socialiste, sa carte à la CFDT. Le matin, il me donnait des sous pour que j’aille au village acheter « Libération », et j’étais fier.

Mon Grand-Père est mort. J’ai pris de chez lui quelques traits, sans trop savoir pourquoi: Un peu de Tunisie et d’Espagne au coeur, le plaisir du coup de gueule, un gout de justice au fond de la gorge, et le parfum du présent Camusien collé à la peau.

Mon Grand-Père, je le mythifie un peu, tu l’as compris, ami lecteur. Mais c’est mon Grand-Père, il est un peu là pour ça. Des fois, je me surprends à l’interroger, à me demander comment il verrait ce qui se passe actuellement.

Qu’aurait pensé mon grand père de ce qu’est devenue la CFDT ? De sa récente signature de l’ANI, véritable casse du droit du travail ?

Qu’aurait pensé mon grand-père, s’il avait vu le PS se renier sur tous les grands dossiers sociaux comme il le fait depuis quelques mois? Qu’aurait pensé mon grand-père de M.Cahuzac ? De la petite Oligarchie qui défend les intérêts patronaux, confond l’intérêt général avec celui de son hyperclasse défiscalisée ?

Qu’aurait pensé mon grand-père de ce qu’est devenue la Vè République ? Une république dans laquelle celui-là même qui prétend combattre l’évasion fiscale est possesseur d’un compte en suisse ? D’une république où le peuple, qui demandait le changement en 2012, se trouve dépossédé de sa victoire en à peine quelques mois ?

Grand-Père, on n’aurait pas été toujours d’accord, toi et moi. Tu te méfiais des communistes, des foules rouges, et moi j’ai rejoint les têtes dures, parce que je n’avais plus le choix et que l’histoire me « mordait la nuque » comme disait l’autre.

Mais, Grand-Père, le 5 mai, c’est parce qu’on aime la République et qu’elle est bafouée qu’on marchera, avec mes amis, mes camarades et mes copains, pour en demander une sixième. Parce que le changement est vital, et qu’il passe par un grand renversement, un grand coup de balai.

Allez, je te laisse, Grand-Père. Ce n’est pas bien d’utiliser les morts comme ça. Et puis on a pas mal de boulot pour essayer de sortir par le haut de cette crise généralisée.

Au fait Grand-Père, tu comprendras que je ne lise plus trop Libé, vu que dans leur titre sur notre initiative de marche du 5 mai, ils parlent de « purification éthique », et que filer des sous à Rothschild pour lire des insultes pareilles sur la gauche, c’est pas trop mon kif.

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4 réflexions au sujet de « A mon Grand-Père, Socialiste. »

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  2. Ping : Notre colère est grande : ils ont tué le code du travail #ani | les échos de la gauchosphère

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