Des hommes à la mer

 

C’est vers la mer que nos regards se sont tournés récemment, car elle constitue la scène emblématique de tous les drames qui se jouent en ce bas monde. Deux évènements me reviennent, pleins de l’amertume du sel, et qui sont passés parmi tant d’autres ces dernières semaines dans nos écrans et nos journaux.

Lampedusa

Il y a tout d’abord ces pêcheurs de Lampedusa, repêchant les vivants et les morts de cette tragédie qui vient frapper les côtes européennes. La loi italienne disait à ces hommes d’avertir les autorités avant toute assistance aux naufragés du tiers-monde qui viennent mourir si souvent sur nos côtes. On leur confisquerait leurs bateaux s’ils manquaient à cette obligation. C’est mal connaître la loi sacrée de la mer, la loi des hommes. C’est mal connaître les pêcheurs de Lampedusa, qui sauvèrent tant de vies. Ô pêcheurs de Lampedusa, qui tendirent la main à vos frères humains à même le gouffre, votre visage, votre visage seul, était celui de l’Europe quand, au mépris d’une loi scélérate, vous sauviez nos frères, et notre honneur à nous tous européens. Votre visage était aussi le nôtre quand vous offriez des fleurs pour la cérémonie aux morts de cette tragédie, cérémonie snobée par nos leaders européens trop occupés à regarder ailleurs.

#FreetheArctic30

De la mer aussi vient l’espoir de la sauvegarde du patrimoine de toute l’humanité. Ainsi, alors que le pillage de l’arctique allait son train sous la houlette de Gazprom, trente activistes courageux partirent sous l’étendard de Greenpeace pour mettre un frein à ces menées. Arrêtés brutalement par la marine de Poutine dans les eaux internationales, ils attendent un jugement inique dans les prisons russes. On ne joue pas impunément les justiciers face aux grands groupes russes, et le destin des « Trente de l’arctique » dépendra fortement de la pression internationale. Nous n’en avons pas entendu parler dans nos grands médias nationaux, à croire que le bien commun les intéresse fort peu. Une magnifique tribune de JL.Mélenchon et N.Mamère pour le site Reporterre avait pourtant cherché à attirer l’attention du citoyen français sur l’enjeu de l’action des trente, et sur leur jugement. Là aussi, nos gouvernants européens ont préféré dans un premier temps regarder ailleurs.

Mon regard à moi, il se porte vers la mer, de l’arctique à la méditerranée. Car c’est là, sur la mer, que des hommes courageux, au mépris des tyrans et des lois scélérates, reprennent le flambeau à terre de notre dignité commune.

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